Des centaines de figurants du spectacle de la Fête des Vignerons 2019 ont assisté à leurs premières pré-répétitions. Ce moment fort en émotions représentait leur première confrontation avec leur rôle, mais aussi avec les personnes de leur groupe, qui les accompagneront dans cette aventure pendant plusieurs mois.

«Je vois le doute sur certains visages, mais je vous assure, vous êtes en train de le faire!» Le chorégraphe de la fête, Bryn Walters – lire la rencontre avec Bryn Walters – n’a pas ménagé ses troupes lors des premières pré-répétitions, tout en se montrant rassurant avec les figurants. Directement plongées dans leur rôle d’étourneaux-danseurs, plus de 100 personnes ont imité les gestes et les déplacements de ces oiseaux, sous la houlette du chorégraphe et de son équipe. Les premières chorégraphies ont été assimilées, doucement mais sûrement…

Des figurants curieux et enthousiastes

«Vous êtes des bourgeons ou des étourneaux? Vous avez déjà vu vos costumes en vrai?» Entre deux pré-répétitions, les groupes se croisent et échangent quelques questions rapides. La curiosité est sur tous les visages, au moment de se confronter pour la première fois au rôle qui va prendre tellement de place dans les vies des figurants pour les prochains mois. «Comment appelle-t-on un groupe d’étourneaux qui volent ensemble? Un essaim? Une nuée? Mais non, ça c’est du vaudois!» Le chorégraphe Bryn Walters accueille ses troupes avec humour et un enthousiasme communicatif. L’entrainement commence par quelques déplacements en groupe, imitant ces fameuses nuées d’oiseaux, ainsi que par des mouvements de tête caractéristiques. En guise de public, quelques accompagnants et des figurants dans l’incapacité temporaire de participer. «Vous êtes d’accord qu’ils ressemblent à des oiseaux? », Mr Walters s’appuie sur les quelques spectateurs du jour pour rassurer les apprentis étourneaux. Au moment d’assimiler les premiers enchaînements, les figurants réalisent que le chemin à parcourir est encore long, mais l’enthousiasme règne. Les premiers pas de travers sont l’occasion d’échanger les premiers rires avec les membres d’une nouvelle famille qui va se créer au fil des mois.

Des liens se tissent timidement

Les figurants se sont inscrits entre amis, en couple ou seuls. Plusieurs participants croisent des têtes connues, soulagés de trouver quelques repères. Beaucoup semblent rassurés de faire partie d’un groupe hétérogène: jeunes et moins jeunes, femmes et hommes sont tous bien représentés. Fidèles à la culture suisse plutôt discrète, on ne brise pas la glace tout de suite. Mais imiter les mouvements des étourneaux qui volent comme un seul homme permet déjà de tisser les premiers liens. Les regards amusés se croisent et les premiers échanges se créent. Dans la deuxième heure, les pas se corsent et on se marche un peu sur les pieds. «Désolée, je suis partie dans le mauvais sens.» «Non, non c’est moi qui ai loupé un pas!» La solidarité naît au sein d’un groupe qui se rapprochera jusqu’à l’été 2019, tant attendu. Alors les étourneaux pourront se congratuler autour d’un verre de l’amitié et riront en se remémorant cette timide mais si prometteuse rencontre de novembre.

Anick Goumaz